Souffrir pour écrire

La créativité demande du courage, disait Matisse !

Lorsque j’entrepris de laisser tomber mon cabinet et par là même dire adieu à ma « carrière professionnelle », je m’attendais à y trouver une très grande liberté.

Mais, lorsque j’ai pensé me mettre à écrire autre chose que des billets de blog, j’ai compris que je m’attelais à une tâche conséquente.

J’ai eu le bonheur d’accompagner divers artistes (peintres, écrivains, créateurs de mode…) dans la concrétisation de leur projet. Ils avaient un point classique : la nécessaire souffrance de l’artiste pour créer.

Cette question hante la philosophie de la création artistique depuis l’antiquité. Je vous épargne un cours sur le sujet.


Un autre dénominateur commun émergeait souvent de nos échanges : la solitude.

Et plus particulièrement la solitude de l’écrivain. Cette indispensable descente au plus profond de soi, pour y trouver l’inspiration, le souffle de la quête de soi, au travers de la création d’une histoire, d’un univers.

Ils souhaitent déambuler dans un monde parallèle, pris dans le tourbillon de leur imaginaire.

C’est à ce moment que je me dis : Nath, ce n’est pas gagné !


Je ne suis pas solitaire.

J’aime les gens (pas tous). J’adore les voir, les entendre, leur parler, les aider. La solitude ne me fait pas peur, quelquefois je trouve cela délicieux de me ressourcer dans le désert (j’ai besoin du désert, je suis snobe). Mais cela ne dure jamais longtemps, tant le contact avec l’autre m’est agréable. Me dire que je me retrouve des journées, des semaines entières seule sans autre contact que moi avec moi… J’ai eu envie de renoncer.

Je ne suis pas désespérée. J’ai des moments de cafards, des descentes de moral, mais je ne suis pas déprimée. Les rares épisodes de loose de moral, je suis incapable d’écrire, ou de parler. Donc aucune œuvre ne pourra venir sublimer cet épisode.

Je ne suis pas misanthrope. J’aime beaucoup connaitre et comprendre mes contemporains (sauf les OK boomers littéraires dont j’ai déjà traité). Et je crois que je n’aurai jamais pu être heureuse sans échanger avec mes condisciples humains. Entrer dans une activité me demandant de rester en retrait de la vie était une aberration, me concernant.

Alors j’ai composé ce texte :

Je lis, comme d’habitude, assise sur la marche de l’escalier. Les adultes vont et viennent. Un jour, c’est sûr, ils vont me marcher dessus.

Je lis, sous cette fenêtre, ouvrant sur la forêt, l’avenue, la gare.

Un jour, je prendrais le train pour rencontrer le monde.

Je lis, et ne m’arrête que pour le regarder. Il remonte l’avenue, le dos courbé, la démarche lourde. Il était si heureux de ses succès, naguère.

Il sait que son dernier jour finit, il s’assoira dans le canapé, comme moi, sur la marche de l’escalier. Il pleure sur sa vie brisée. Alors, un jour, pour le faire sourire, j’ai écrit.

Grâce à cet exercice, je suis revenue à mes fondamentaux.

J’ai commencé à coucher des mots sur le papier. C'était de petits poèmes, pour aider celui qui m’élevait à sortir d’une dépression.

Dès lors, je me suis construit sur deux jambes : la création et l’aide aux autres. J’ai développé la seconde, aujourd’hui je m’attèle à la première.

J’écris ce que j’aime, pour que mes lecteurs se sentent heureux. C’est ambitieux ? Déraisonnable ? Je n’en sais rien. Toujours est-il que, comme d’habitude, je suis en dehors des clous, des règles, des modes.

Mes projets ne sont pas tournés vers moi, mais vers le monde, même si quelquefois il me heurte.

C’est ainsi que je ne souhaite pas me définir comme « artiste », ou « écrivain », à la rigueur « auteur (ou autrice) ».

Mon nom c’est Nathinphoenix, et mon métier, désormais, c’est romancière.


J’écris des histoires pour créer des émotions. Je ne cherche ni la gloire ni la reconnaissance. Seulement que mes lecteurs ressortent de mes livres en ayant passé un bon moment…

À très bientôt, à l’ombre des palmiers — Nath

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